Colère des agriculteurs : blocages d’autoroutes persistants dans le Sud-Ouest, trêve de Noël indécise... la situation ce samedi 20 décembre

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Les vacances de Noël démarrent sous tension pour des milliers d’automobilistes. Alors que les départs en vacances se sont intensifiés vendredi soir, la mobilisation agricole se poursuit à travers l’Hexagone. Depuis une dizaine de jours, les agriculteurs bloquent routes et autoroutes pour protester contre la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et contre l’accord UE-Mercosur.

Vendredi soir, 93 actions étaient encore en cours, mobilisant « moins de 4 000 personnes », selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Vinci Autoroutes a prévenu que « le réseau reste très fortement perturbé entre Bordeaux, Bayonne et Toulouse vers les Pyrénées » ce samedi 20 décembre, et que « des difficultés de circulation pourraient perdurer pour le début et/ou une partie des vacances scolaires ».

Des syndicats en ordre dispersé sur la « trêve de Noël »

Après leur réception à Matignon vendredi matin, les syndicats affichent des positions divergentes. La FNSEA, premier syndicat agricole, a déploré vendredi soir que « le compte n’y est pas » après avoir reçu le courrier du Premier ministre Sébastien Lecornu.

« Aucun engagement opérationnel supplémentaire n’est apporté », écrit-elle dans un communiqué, regrettant l’absence de « réponses attendues, notamment sur les indemnisations des animaux bloqués, la sécurisation économique des exploitations ou encore le soutien aux céréaliers ». Le syndicat attend que le Premier ministre « revoie sa copie d’ici le rendez-vous de la première semaine de janvier » et menace de « prendre ses responsabilités et décidera des suites à donner au mouvement ».

Sur France Info ce samedi matin, François Walraet, secrétaire général de la Coordination rurale, a proposé « aux structures départementales de faire une pause pendant les vacances de Noël », précisant que chaque département reste libre de ses choix. La Confédération paysanne dit avoir senti des « ouvertures » mais affirme ne « pas pouvoir appeler à lever les blocages » sans engagement sur l’arrêt de l’abattage total des troupeaux infectés.

La porte-parole de gouvernement à quant à elle haussé le ton hier. « Nous ne tolérerons plus de nouveaux blocages et nous ferons tout ce qui est nécessaire pour que les Français et les Françaises puissent aller retrouver sereinement leur famille », a déclaré Maud Bregeon.

Des blocages qui persistent dans le Sud-Ouest

Si plusieurs barrages ont été levés vendredi – notamment sur l’A20 à Brive, l’A89 à Ussel, en Haute-Savoie et en Charente-Maritime –, de nombreux axes restent bloqués ce samedi matin. L’A64, entre Bayonne et Toulouse, demeure fermée sur près de 200 km entre Urt/Briscous et Montréjeau. L’A65 est coupée entre l’échangeur de Garlin et la jonction avec l’A64, tandis que la N20 Toulouse-Andorre reste bloquée à Tarascon-sur-Ariège. En Aveyron, l’A75 est fermée entre Aguessac-Campagnac et Bourgs-sur-Colagne.

L’A63, bloquée en Gironde entre Marcheprime et la rocade sud de Bordeaux, doit rouvrir progressivement dans la matinée. « On va rouvrir une voie très vite pour les voitures, puis une seconde pour les camions et d’ici lundi matin, ça pourrait rouler normalement », a expliqué vendredi Jean-Paul Ayres, porte-parole de la Coordination rurale en Gironde. Dans le Nord, l’A16 reste fermée à Beauvais (Oise), tandis qu’en Indre-et-Loire, plusieurs échangeurs de l’A10 sont bloqués.

L’abattage total des troupeaux, point de crispation

La question de l’abattage total des cheptels contaminés reste au cœur de la colère. François Walraet a qualifié de « globalement assez faibles » les annonces du Premier ministre et estime que la ministre de l’Agriculture Annie Genevard reste « arc-boutée sur son protocole ». « Le problème actuel est qu’il n’existe toujours pas de test fiable, à un coût acceptable, permettant de savoir quels animaux sont malades et contagieux », a-t-il expliqué.

Dans son courrier adressé aux syndicats vendredi soir, le Premier ministre s’en remet aux conclusions d’un groupe de dialogue scientifique prévu pour le 5 janvier. Il a également annoncé un fonds de « 11 millions d’euros » pour les petits exploitants en difficulté et l’interruption des contrôles de l’État dans les exploitations. Cette nouvelle réunion interviendra juste avant le vote de l’accord UE-Mercosur, prévu le 12 janvier au Paraguay.

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